Électrosensibilité : une maladie professionnelle ?

Le tribunal administratif a été saisi par une enseignante électrosensible qui souhaite voir sa pathologie reconnue comme une maladie professionnelle.

Poitiers

Une professeure d’espagnol au collège Léopold-Dussaigne de Jonzac (Charente-Maritime), qui a enseigné à Poitiers, bataille depuis des années avec l’Éducation nationale pour faire reconnaître l’électrosensibilité, dont elle se dit victime, comme une maladie professionnelle.

«  On tente de la faire passer pour une folle  »

Le tribunal administratif de Poitiers devait se prononcer lors de l’audience, mercredi dernier. Le rapporteur public a estimé qu’il n’avait pas été établi de lien de causalité entre l’installation d’une borne wifi, dans l’établissement scolaire, en 2009, et les symptômes décrits par la plaignante. Il a conclu au rejet de sa requête. L’affaire a été mise en délibéré au 13 juillet.
Mais la fonctionnaire, en arrêt maladie depuis 2012, placée en inaptitude définitive par l’Éducation nationale, n’entend pas baisser les bras. D’autant que son électrosensibilité a été reconnue comme un véritable handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « Elle n’avait jamais été absente de sa carrière. Suite à l’installation du wifi, elle a développé des vertiges, de la tachycardie, des troubles musculo-squelettiques… Le début d’un enfer quotidien, a plaidé son avocat, Me Julien Plouton, du barreau de Bordeaux. Elle est confrontée à un refus systématique de l’administration, un véritable harcèlement, en tentant de la faire passer pour folle. L’ensemble des éléments produits aux débats vont dans le sens d’une maladie professionnelle de Mme Martin. L’administration n’a pas protégé la santé de cette fonctionnaire. »
La sensibilité électromagnétique ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques, fait débat depuis plusieurs années. Et la question est prise plus ou moins au sérieux selon les rectorats de France (*). Les symptômes décrits sont reconnus comme réels, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais les électrosensibles peinent à faire reconnaître le lien de causalité entre symptômes et exposition aux ondes.

(*) Une lycéenne électrosensible d’Encourtiech (Ariège) a obtenu un accord du rectorat de Toulouse pour aménager son épreuve du bac français, qu’elle passera dans des salles spécialement choisies pour leur faible exposition aux ondes, ont rapporté nos confrères de la Dépêche du midi, dans leur édition du 14 juin. Depuis sa rentrée de 5e, cette élève souffre d’une hyper électrosensibilité qui l’oblige à suivre une scolarité à domicile.

Xavier Benoit