Vaccins 3/3 : Ces derniers jours, je suis allé à Bruxelles voir VAXXED, le documentaire choc sur l’autisme et les vaccins qui fait couler bcp d’encre, au point d’avoir « politiquement » déplu et déprogrammé de sa projection organisée par l’eurodéputée et vice-présidente du groupe des Verts Michele Rivasi au parlement européen le 9 février dernier – une première dans l’histoire des Verts européens.
La faute à l’odeur de soufre autour du réalisateur de Vaxxed, le britannique Andrew Wakefield, ex-gastro-entérologue radié de l’ordre des médecins anglais car accusé d’avoir publié en 1998 une étude bidonnée dans The Lancet, prestigieux journal médical, où Wakefield suggérait à partir d’une douzaine de cas un lien entre l’injection du vaccin ROR et l’apparition de troubles de type autisme. La controverse, digne de la polémique à tiroirs entourant le lanceur d’alerte Julian Assange, a fait régulièrement la une des journaux outre-manche. Le feuilleton a duré 10 ans, de 1998 à 2009.
Vaxxed devait également être projeté à Paris demain lundi 13 février, à la mairie du 2ie. Cette soirée a aussi basculé dans la clandestinité. Un message de la mairie de Paris a fait savoir que ni ce film ni wakefield ne seraient visibles sur Paris. Résultat ? Toutes les portes des salles de cinéma craignant de perdre leurs subventions parisiennes ont fermé leur porte à une projection publique. Nous voici revenu au temps de la chasse aux sorcières.
La polémique autour de Vaxxed illustre le rapport de force qui s’exerce en coulisse sur des informations « sensibles », que le grand public doit ignorer le plus longtemps possible. Une censure discrète mais ferme qui montre bien les volontés de contrôler l’information, en limitant sa diffusion d’une façon ou d’une autre.
VAXXED ? Ce film accablant est une bombe. Il détaille comment, durant plusieurs années, le centre de prévention et de contrôle américain des maladies, le CDC – qui fait office d’autorité internationale et directement inspiré la création de son homologue européen : l’ECDC -, a omis d’inclure certains chiffres dans son étude sur les effets secondaires de la vaccination contre la rougeole, rubéole, oreillons. Il raconte l’histoire d’un lanceur d’alerte américain, du CDC, cherchant à rendre publique les données qu’il a conservées.
Le CDC, donc, a volontairement omis certaines données cruciales dans une étude s’intéressant aux risques causés par le Vaccin ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) injectés aux Etats-Unis. En particulier la mise en évidence d’une dramatique corrélation entre injection du vaccin et apparition de l’autisme chez jeunes garçons afro-américains. Appelée Régression autistique, cette forme d’autisme apparait chez des enfants qui se développe normalement, puis qui, soudain et brutalement, commence à « régresser » et bascule dans un autisme plus ou moins sévère.
AUTISME ET VACCINS ? Ce vaccin, liste Wikipedia, est vendu au USA par Merck sous le nom de MMR II ; par GlaxoSmithKline sous le nom de Priori ; par Serum Institute of India sous le nom de Tresivac ; et par Sanofi Pasteur sous le nom de MMR Vax Pro en Belgique et sous le nom de Trimovax dans d’autres pays.
La question du lien entre autisme et vaccins est de plus en plus évoqué, contre l’avis des autorités sanitaires. Pour les partisans de cette thèse, le hausse des vaccinations des nourrissons dans leurs premiers mois serait à l’origine de la flambée des cas d’autisme diagnostiquée maintenant depuis une vingtaine d’années. La prévalence des cas d’autisme est passée aux Etats-Unis de 1 pour 5.000 en 1975, à 1 pour 150 en 2002 (taux similaire en Europe selon l’association française SOS Autisme) et à 1 pour 68 en 2012. Plus de 1 millions de cas ont été diagnostiqué « troubles du spectre autistique » en 2014 aux Etats-Unis. Pour les chercheurs institutionnels, cette explosion du nombre de cas d’autisme correspond avant tout à une reclassification du diagnostic, résume Sciences et Avenir. Des cas considérés comme des troubles neurologiques étant depuis requalifiés d’autismes…
J’ai lu les critiques sur Andrew Wakefield, pris connaissance de certaines infos et analyses « critiques » de Vaxxed visibles sur Internet. Certaines zones d’ombre demandent à être éclairées. Les questions posées par Michele Rivasi à Andrew Wakefield lors de la conférence de presse à Bruxelles correspondant à celles que je souhaitais lui poser. A ce stade, il me reste à vérifier une partie des infos présentes dans le film. Mais je peux d’ores et déjà vous donner mon avis de spectateur, et de journaliste engagé dans l’information « socialement responsable » :
CE FILM DOIT ETRE VU, AFIN DE PERMETTRE A CHACUN DE SE FORGER SA PROPRE OPINION… LES INFOS OBJECTIVES ET FACTUELLES QU’IL CONTIENT NE JUSTIFIENT PAS D’INTERDIRE SA PROJECTION.
CE FILM NE TRAITE PAS DE L’AFFAIRE WAKEFIELD, MAIS D’UNE FRAUDE PORTANT SUR UNE ETUDE SANITAIRE DISSIMULANT UN LIEN VACCIN ROR <-> AUTISME, CORRELATION OBSERVEE AUX ETATS UNIS AU COURS DES ANNES 2000.
MON AVIS ? Le film est solide et très bien fait, très construit et très clair dans ses explications. Il ne parle pas de l’étude de Wakefield mais d’une autre, menée au Etats-Unis au cours de la décennie 2000. Il remet aussi l’autisme en perspective, pointant la surprenante explosion massive des cas. Certes, Vaxxed traite d’une affaire américaine et est conçu pour un public américain. Il contient à mon goût un peu trop d’émotionnel, de témoignages de parents émus, et de ralentis insistants sur des enfants autistes grimaçants. On peut aussi regretter le recours à des images en boucle…
Mais l’enquête menée, implacable dans la chronologie et la quantité des pièces présentées (toutes vérifiables), mérite d’être visionnée. Pas d’être crue aveuglément, mais d’être vue attentivement.
C’est un documentaire du temps de la science citoyenne, où les données disponibles sont vérifiées par des experts “alternatifs”. A l’image de la CRIIRAD pour la radioactivité, ou du CRIIGEN pour les OGM, il semble plus que temps de créer un “CDC citoyen”, indépendant des intérêts pharmaceutiques, collectant et vérifiant les données “brutes” ou produisant ses propres études sanitaires, impeccables et exemplaires.
Les liens entre inflammations méningite et vaccins contre la rougeole méritent d’être creusés. La question de l’âge des premières injections (à 6 mois ? à 12 mois ? à 3 ans ?) et de l’effet cocktail du cumul des vaccinations ne peut plus être ignorée. Il y a quelque chose de malsain au pays des vaccins de Big Pharma.
Voici une version en ligne, une version originale idéale pour ceux qui comprennent l’anglais. Car des biais de traduction déformant les propos exacts peuvent s’être glissés dans les sous-titres… Restez vigilants.